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mercredi 11 juin 2014

Nouveau! le magazine du scarabée

Salut les amis!
L'actualité n'étant pas toujours propice aux longs développements (27 cartes postales pour un voyage au cap nord) ou aux rencontres d'exception (j'ai rencontré une étoile), je vous présente le premier numéro d'un nouveau magazine en forme d'essai.
Au sommaire: le coup de foudre d'un vieux schnock
                        Un festival au pays né de la mer
                        Des Lieux Uniques à Nantes
                    



 Le coup de foudre d'un vieux schnock


Un grand coup de chapeau pour un "bookmag" qui sort son 11e numéro, le magazine des vieux de 27 à 87 ans. Schnock (c'est son nom) ne se (et surtout ne nous) prend pas la tête c'est drôle décontracté et bien illustré de photos qu'on a tous en mémoire.
Très tourné "cinoche" version films cultes (les valseuses, un éléphant ça trompe, le père noël) et musique (Gainsbourg), mais aussi personnages et évènements marquants de ces décennies (Melville, Coluche) sa lecture offre 2 heures de nostalgie de cette époque bénie qu'on appelle aujourd'hui les trente glorieuses, et surtout où nous avions 20 ans (à 10 ans près en plus ou en moins).
"Nous avions 20 ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie" eh bien désolé Paul (Nizan), Schnock le dit et j'applaudis!
Après les infos du jour (Ukraine, Europe, scandales de toutes sortes) voilà un bain de jouvence.

 
 
Un festival au pays né de la mer
 
Sud de la Vendée, fin avril, dans le bourg de Saint Michel en l'Herm (près de Luçon) a lieu chaque année depuis 7 ans pendant trois jours un festival entièrement dédié à la guitare classique. Ici pas de grandes vedettes mais des interprètes qui en toute simplicité offrent leur meilleur et ça marche à en juger pas le remplissage de l'auditorium
.
France-Italie-Russie un trio performant
 
 
 
on ajoute un violon...

                                                                  une soprano...

Enfin dimanche et dernier jour, après la master class traditionnelle, le concert donné par l'orchestre du pays né de la mer dirigé par Philippe Villa (créateur du festival)
Cet orchestre de 20 guitares nous a offert un panorama de la musique baroque à nos jours, de très bonne tenue avec en point d'orgue(sic) un ave Maria chanté par la soprano croate Josipa Loncar
 
 
Des Lieux Uniques à Nantes
 
 
Nantes est une ville où j'aime régulièrement déambuler, on y cotoie histoire et modernité dans une sérénité propre aux pays de Loire.
Je vous propose aujourd'hui 3 endroits particuliers, 3 Lieux Uniques qui mériteront votre interêt si vous décidez de passer la Loire.
Un quartier historique tout d'abord autour de la place Graslon : l'opéra ci dessus et de l'autre côté de la place un lieu magique la brasserie "La Cigale"
Cet établissement, construit en 1895 était fréquenté par les surréalistes (Prévert, Breton),et servit à Jacques Demy (enfant de la ville) pour son film Lola
Mais jugez par vous-même, il faut entrer...
 
 
 






En sortant de la cigale, prenez quelques minutes dans la rue attenante à la place
 
et entrez à la CGA (caisse générale accidents) qui date de la même époque

 


Enfin et toujours dans le quartier ne ratez pas bien sur le célèbre passage Pommeraye, il était malheureusement en réfection lors de ma visite, j'y reviendrai

 


Demy y a tourné quelques scènes "d'une chambre en ville"
 
 
Second lieu particulier l'île aux machines où la réhabilitation d'un lieu industriel: nous sommes sur le site des anciens chantiers navals, les infrastructures abritent une entreprise qui tient de l'invention, de l'art industriel et du théatre
       
On y découvre une animalerie (petit conseil agrandissez les photos pour les détails)
 

 
 Le carroussel des mondes marins
 
 
Et l'attraction du moment: le grand éléphant
 
En attendant un grand projet interstellaire  A suivre donc....

Enfin Le Lieu Unique qui tire son nom du bâtiment qui l'abrite, l'ancienne biscuiterie LU
On y trouve une brasserie, une librairie, des salles d'expositions, de conférences de rencontres (j'y ai croisé Maylis de Kerangal lors du salon du livre)
Au delà des murs la présence du canal Saint Félix ajoute au charme de l'endroit et l'histoire plus ancienne n'est jamais loin.... sur l'autre bord du canal, le château des ducs de Bretagne




 
 Vous avez eu entre les mains le numéro 1 du scarabéemag, la suite dépend de vous, donnez votre avis
et n'oubliez pas, à travers les vicissitudes de 2014...
Courage! demain il fera jour
(photos kheper)
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 



lundi 31 mars 2014

J'ai rencontré une étoile


Le festival « cordes sensibles », peu de gens connaissent, je ne l’ai découvert qu’en janvier dernier. Je suis sur le net les pérégrinations des cinq ou six plus grands guitaristes mondiaux, et donc en janvier j’apprends que la star de la guitare classique, celle que l’on a surnommée lorsqu’elle avait 12 ans le prodige croate : Ana Vidovic donnera un concert en soliste au festival « cordes sensibles » le 28 mars à Saint-Médard-en-Jalles dans la banlieue bordelaise. Bordeaux n’est pas à proprement parler sur la route des Sables d’Olonne mais Ana Vidovic  qui tourne dans le monde entier et ne vient quasiment jamais en France, mérite ce détour.

Le festival « cordes sensibles » est en effet relativement confidentiel, peu d’annonces, pas d’affiches avant la médiathèque où se déroule la manifestation, une ambiance bon enfant dans une petite ville de province, encadrée par des bénévoles décontractés qui pourtant ont su négocier la venue d’une vedette internationale (Ana arrive d’Afrique et repart le lendemain pour l’Amérique du sud) et d’une vedette nationale montante qui relance en France le Jazz manouche (Thomas Dutronc assure le concert du 2e jour).

J’arrive une heure en avance pour être bien placé (je ne connais pas la salle ni son acoustique), personne ou presque, la seule animation regroupe dans un local annexe quelques luthiers et leurs œuvres). Je choisis une place au cinquième rang face à la scène. A 20h30 la salle est pleine. On reste dans l’ambiance décrite, le président de l’association remercie quelques sponsors, salue les invités des premiers rangs, bénévoles et notables et annonce la première partie

Et là tout bascule….Samuel Rouesnel jeune guitariste de Flamenco tout juste auréolé d’un prix décerné en 2013 par un magazine de guitare nous présente des morceaux de sa composition accompagné par un percussionniste très…..ibérique (c’est un compliment)

Je ne suis pas spécialiste, mais je crois que Paco de Lucia (à qui je rendais hommage il y a quelques semaines) n’aurait pas renié ce garçon. Celui que l’on surnomme déjà (Espagne oblige) Samuelito est manifestement influencé par le Maître mais dans le bon sens du terme, sa musique a d’ors et déjà sa personnalité. Moment d’émotion, il interrompt le fil de ses compositions pour un hommage à Paco en interprétant une de ses œuvres. Bref vous allez entendre parler de Samuelito.
 
 
 
 
 
 
 
 

Et très vite ELLE est sur la scène, elle accorde, lis un papier avec quelques mots de français, présente son concert en anglais et se « chauffe » (comme souvent) avec les variations sur un thème de Sor.
 
 
                                
 
 
 
Tout de suite c’est la magie, c’est la première fois que j’entends un artiste de ce niveau et la première fois que j’entends une guitare comme celle là, jamais entendu des basses aussi profondes, des aigus aussi purs et l’acoustique (excellente au demeurant) ne fait pas tout (j’en aurai la preuve le lendemain mais n’anticipons pas).

Après ce premier morceau ce sera un déferlement de « tubes », depuis Grenada, en passant par Asturias, Catédral et en final le Recuerdos de la Alhambra, pendant une heure Ana nous subjugue par une maîtrise une sensibilité une expression indescriptible (désolé je n’ai pas le son sur ce blog). Le charme agit totalement sur une salle où pas un bruit, pas un toussotement ne vient ternir la musique. Ana en fera la remarque à la fin du concert en remerciant pour l’attention portée à son travail.
 
                                  
Et comme je ne serais pas le scarabée sans une petite citation j’ajoute que lorsque le charme de l’artiste se conjugue avec la virtuosité de l’interprète « faut plus comprendre, faut prier »

 

Voilà ! Je pourrai m’arrêter là sur ce récit d’une belle soirée de concert mais ce qui motive cet article c’est ce qui suit. Le lendemain samedi doit se dérouler un « petit déjeuner musical », en fait une présentation de leur travail par les élèves du conservatoire. La prestation se déroule dans une petite salle annexe. Je ne connais pas les lieux, j’arrive donc une nouvelle fois avant l’heure et je prends l’une des rampes de l’escalier double qui conduit à la salle. A mi hauteur surgissant de l’autre rampe, naturellement et comme n’importe quelle élève du conservatoire, Ana, sa guitare à la main se rend à l’audition, nous nous saluons (ce sourire !) et je la suis dans le petit auditorium (bien sur que j’ai triché, je l’ai vu de loin et sciemment pris l’escalier opposé).

La guitare est un monde étonnant, voilà une artiste de renommée internationale qui se produit dans les salles les plus prestigieuses qui, au lendemain d’un concert et avant de s’envoler pour le bout du monde, vient une heure durant avec simplicité et modestie, écouter et applaudir de jeunes élèves (du débutant au confirmé), et qui pour ses mêmes élèves et une poignée d’aficionados va prendre sa guitare et nous interpréter sans fioritures cette pièce magique qui me rend fou comme apprenti : l’Asturias d’Albéniz.

Je suis à trois mètres, je peux détailler chaque doigté, chaque trémolo, c’est magique !


                                          
 

 J’ai rencontré une étoile et vous voulez que je vous dise ? Après ça on peut mourir.

 

Allez courage ! Moi je retourne à mes gammes

(photos kheper)