samedi 5 octobre 2013

CP 23-23bis Vienne : double dose


Mon cher Maxence,
En ce 15 août nous sommes parvenu au cœur de l'empire. Le mot n'est pas trop fort, à plusieurs reprises au cours de l'histoire Vienne a été le cœur de l'Europe, tour à tour capitale du saint empire romain germanique, de l'empire d'Autriche face à Napoléon et enfin d'Autriche-Hongrie qui sombra en 1918.
Mais plus encore que le politique c'est la culture qui marque cette ville et lui donne tout son attrait et c'est pourquoi il faudrait plusieurs cartes postales pour en venir à bout. En ce qui me concerne et après trois jours, Vienne s'ajoute à la liste des villes dont je ferai mes prochaines destinations.
Il ne s'agit plus ici seulement de visite mais de vivre quelques jours à arpenter Mariahilfe, à flaner au belvédère avec la ville à mes pieds et surtout rêver à la terrasse d'un des cafés (viennois bien sur) du Museumquartier, ces anciennes écuries impériales face à la Hofburg et transformées en lieu de vie à destination de tous jeunes vieux enfants partageant cette douceur de vivre qui fait de Vienne un lieu magique...
regarde plutôt
 
 
                                                                           
 
Voilà, plutôt que les grands classiques, j'ai préféré te montrer ces images d'ambiance
Bien sur je n'oublie pas la capitale de la musique que fut Vienne avec Mozart, Haydn, Strauss et dont l'opéra est le grand témoin.

 

                                                                            


Mais Vienne fut aussi au tournant du 20e siècle le centre d'une révolution artistique, le lieu de naissance d'un art total sous-tendu par des principes humanistes
Cette belle utopie fut noyée dans la grande boucherie de 1914 mais Vienne reste un témoin majeur du mouvement conduit par Gustav Klimt et Otto Wagner
les fondateurs de ce mouvement sont beaucoup plus ambitieux que leurs amis qui prônent l'art nouveau à Paris ou Bruxelles
leur ambition dépasse le simple courant artistique:

  • instaurer des contacts avec les artistes étrangers
  • prôner un échange international des idées
  • et surtout à l'heure de la montée des périls lutter contre l'élan nationaliste des pays européens
Ce manifeste est gravé dans la pierre du premier symbole : le pavillon de la secession que l'on doit à J.Olbrich
                                                                            
 
On connait surtout Otto Wagner pour ses stations de métro (comme Hector Guimard à Paris)
 
                                                                             
mais jette un coup d'œil à ses autres réalisations ou aux constructions issues de son école

Immeubles d'habitation:

                                              
mais aussi bâtiments administratifs ou de loisirs
 
 
                                                                            
 
                                                                                   
La Vienne d'Otto et de ses amis mérite beaucoup plus, j'y reviendrai et surtout je reviendrai profiter de cette douceur de vivre un peu surannée.
Avant de refermer ce long article je te propose un coup d'œil sur la Vienne du 20 et 21e siècle
qui tache d'être digne de son histoire artistique faite d'audace et de créativité à l'image du village d'Hundertwasser
       
 Allez, courage! demain il fera jour
(photos kheper)

 

lundi 30 septembre 2013

CP 22 Bratislava

Bratislava, palais présidentiel
Mon cher Maxence,
Après la chaleur éprouvante de Budapest et avant d'affronter le cœur de l'empire, une respiration était la bienvenue. Nous l'avons trouvé sur les bords du lac Balaton, la riviéra hongroise. Sa proximité de la capitale (120km au sud) en fait un lieu idéal pour les vacances d'été dans un pays sans accès maritime.
Sans surprise, dans un très joli cadre on trouve plages aménagées, belles maisons, voitures de sport et grosses motos le dépaysement donc pour qui connait la côte d'azur. On trouve aussi de jolis villages avec spécialités locales
                              
            (non ça n'est pas Espelette mais Balatonfured)
Mais laisse-moi te conter une petite anecdote qui nous a laissé pantois (si...si)
Afin de nous éloigner un peu de la cohue balnéaire j'avais retenu une chambre dans une petite ville à 20 km du lac qui offrait l'avantage d'un quartier ancien prometteur mais bien entendu touristique. Nous franchissons la porte de l'ancienne Veszprém vers 18h préparés à l'affrontement avec les hordes habituelles et là!!! mais là!!!
  Un désert, une ville morte                                                                       
très belle cité entre moyen-âge et renaissance avec un promontoire donnant sur la vallée et les carpates. Nous étions les seuls visiteurs. Après l'affluence des derniers jours, le fait d'arpenter cette cité désertée même de ses habitants avait quelque chose d'irréel.

Le lendemain matin la ville avait retrouvé toute son activité...Nous avons quitté ce lieu étrange pour Bratislava nouvelle capitale de la récente Slovaquie mais au passé austro-hongrois chargé.
Bratislava est une ville de province promue au rang de capitale suite à la séparation de la Slovaquie et de la république Tchèque. Elle garde un centre historique marqué par la longue appartenance à l'empire austro-hongrois.
Nous sommes à la mi-août et une atmosphère de fin de saison règne déjà, les terrasses sont vides, le personnel s'ennuie en attendant les clients
                                  
La vieille ville très marquée renaissance baroque rappelle trop fortement les merveilles admirées ailleurs dans ce voyage en voici quelques aspects
                    
 
                           Une plaque rappelle le passage de Napoléon après Austerlitz (on en parle bientôt )                              
 

mais ne nous attardons pas, le génie de cette ville est ailleurs... Nous sommes à 80 km de Vienne et le Jungenstil puis la secession  ont frappé fort.
Comme toujours il faut quitter le centre et se rendre dans un quartier à la périphérie de la ville.
 
 
 un simple croisement réunit l'église et les bâtiments construits dans les premières années du siècle
Mais l'art nouveau n'est pas seul au rendez vous sur l'autre trottoir un bâtiment abandonné, allure hostile et devant l'église une stèle rappelle les dures heures du printemps 1968

 


 
le serpent soviétique étouffe l'oisillon de la liberté tchèque

 
Allez courage! demain il fera jour
(photos kheper)