L'émeute qui conduisit à la prise de la Bastille ne fut connue à Versailles que dans la nuit ou le lendemain.
Dans "Les adieux à la reine", Benoit Jacquot nous fait revivre les 4 journées qui suivent la nouvelle dans le château de Versailles et nous présente un pouvoir en décomposition. Mais il modifie le point de vue comme on déplace une caméra pour suivre non pas la reine, moins encore le roi et son gouvernement mais une jeune femme promue "lectrice" de la reine, qui vit avec les domestiques mais que son statut amène à côtoyer toute la cour versaillaise jusqu'aux plus grands.
L'imagination des "professionnels de la profession" selon le mot de Jean-Luc Godard est telle qu'un film historique présenté aux césars est par avance voué aux récompenses concernant les décors et les costumes. "Les adieux à la reine" n'a pas échappé à ce léger mépris. Le film est cependant beaucoup plus que cela. j'ai parlé de l'angle choisi pour le scénario et qui se cache jusqu'à être absent du titre. Il faut signaler surtout le parti pris par B.Jacquot de la sobriété, de la simplicité de la mise en scène. Ici, aucune ostentation et comme souvent chez le metteur en scène on pourrait par instants se croire dans un reportage (les scènes nombreuses dans les corridors de Versailles sont les plus réussies)
Enfin, le casting et la direction d'acteurs sont à la mesure de la mise en scène: Léa Seydoux magnifique dans son dévouement à la reine, Diane Kruger qui campe une Marie-Antoinette, capricieuse certes mais sans jamais en rajouter jusqu'à Xavier Beauvois qui nous livre un Louis XVI "nature" dans son quotidien et finalement son sens de la responsabilité et son courage face à des évènements qui feraient chavirer plus d'un chef d'état. Je termine avec un acteur comme le cinéma français en a tant révélé dans les seconds rôles devenus mythiques entre 1930 et 1960. Michel Robin qui campe un vieil ermite au milieu de ses livres, ne se mêlant pas aux intrigues de la cour mais au courant de tout ce qui se passe, est toujours aussi formidable.

(il faut revoir Adieu Berthe de B.Podalydes et les femmes les maris les amants de P.Thomas en 1988: Michel Robin: jamais une fausse note)
Allez courage! demain il fera jour



Merci pour ces précisions historiques ! (Et pour le conseil cinématographique évidemment).
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