vendredi 25 janvier 2013

Elle ne soufflera plus*

Il se passe toujours quelque chose aux Sables d'Olonne. Ce matin, alors que l'on attend l'arrivée de François Gabart et Armel Le Cléach, toute la ville ne parle que d'une chose : une baleine s'est échouée aux présidents!
Au Pierrot, au PC du Vendée Globe, ou à la librairie centrale un seul mot, un seul objet : LA BALEINE. N'écoutant que son courage, votre scarabée préféré enfourche son vélo et file au bout du remblai.
La bête est là, ensanglantée, meurtrie probablement par les rochers tout proches

 Très vite les autorités réagissent, police municipale, cordon sanitaire et 2 tractopelles viennent affronter le monstre.
    

La virtuosité des pilotes de tractopelles, aidés (?) par les conseils contradictoires de la centaine de badauds présents sur les lieux, n'y fera rien le monstre sort vainqueur de l'affrontement
On ne peut que le pousser à l'abri du remblai pour le préserver des marées à venir. 

Allez courage! demain il fera jour

* autre titre possible "en attendant le Vendée Globe"
(photos KH)

mardi 22 janvier 2013

jusqu'au dernier jour


                      

Ce Vendée globe nous donnera des frayeurs jusqu'au bout. On attendait tranquillement dans nos fauteuils le sprint final en baie des Sables et c'est encore possible pour les deux premiers mais pour Jean-Pierre Dick la course va s'arrêter aux Açores. On imagine la déception après 22000 milles dans le peloton de tête. On peut aussi imaginer la frayeur du marin, le bruit énorme, brutal de la quille qui lâche, le bateau qui part au lof et se retrouve couché...........Il faut un sacré sang-froid au marin pour éviter de chavirer. Les décisions, les actes doivent être pris en quelques secondes. JP a prouvé là encore tout son talent. On espère le revoir très vite sur d'autres défis et pourquoi pas dans 4 ans.

Pour rappel: JP a terminé 6e de son premier VG en 2005 et a dû abandonner en 2009 suite à la rencontre d'un OFNI alors qu'il était en tête de course.Il a par ailleurs à son palmarès 3 transat et 2 Barcelona World


Allez courage, demain il fera jour

(photos KH, JP Dick sur son bateau au départ de 2008, Virbac au ponton en 2012)


PS: A partir de la fin de semaine j'espère vous présenter le retour des héros

samedi 19 janvier 2013

Moi mon colon, celle que je préfère....


En décembre dernier, mon libraire (librairie des cordeliers Romans) programme sur son blog une rencontre avec le dessinateur Maël à l'occasion de la sortie du 4e et dernier tome de la BD réalisée avec le scénariste Kris : "Notre mère la guerre". Les ingrédients: B.D. + guerre de 14 + polar étant suffisants pour me faire descendre de ma colline, je m'y rends et rencontre Maël.
Cet ouvrage constitue sa première collaboration avec Kris. Il n'avait pas auparavant abordé la grande guerre et me dit avoir puisé sa documentation dans les récits et témoignages de l'époque-"les croix de bois" de Dorgeles, les récits de Genevoix ou les carnets de Coeurdevey (tous livres que je conseille pour une approche "vécue" de ce qui reste la plus grande boucherie de l'histoire)
Mais parlons du livre, Kris et Maël ont pris comme fil rouge une enquête sur une série de meurtres de femmes en première ligne en 14-15, menée par un lieutenant de gendarmerie. L'intrigue est bien construite, ne manque pas de rebondissements mais est surtout prétexte à nous faire revivre ces 4 années de carnage et même à mener dans le dernier tome une réflexion sur l'homme dans la guerre en général.
Kris dans son scénario ne nous épargne rien, les tranchées, la boue, les bombardements et jusqu'à l'apparition des gaz et des premiers chars.
Mais surtout cette oeuvre est forte et sort des productions habituelles par l'ambiance, les couleurs, l'atmosphère qu'a su recréer Maël. Pour tout dire lorsque j'ai lu les ouvrages cités ci dessus c'est bien dans ces boyaux glauques, la fumée et les lueurs d'incendie et d'explosions que je me représentais le décor dans lequel des millions d'hommes sont morts pendant quatre ans
Au final une bonne nouvelle, dans le monde de la bande dessinée, LE spécialiste de la grande guerre Jacques Tardi  n'est plus seul.
     

Allez courage! demain il fera jour

PS: je reviens prochainement sur l'oeuvre de Jacques Tardi qui vient de publier un ouvrage illustrant les mémoires de son père au stalag IIB pendant la seconde guerre.
2e PS: J.Tardi vient de refuser la légion d'honneur:"ils n'ont pas dû lire mes BD au ministère"


mercredi 16 janvier 2013

Attention chef d'oeuvre

Le propre d'un chef d'oeuvre, qu'il soit peinture, roman ou film est qu'il touche au plus profond de nous au point de s'y immerger, d'essayer d'allonger le temps pour garder ce contact quasi miraculeux qui fait tout oublier en dehors de lui. Qui n'est pas resté face à une toile de Renoir sans pouvoir s'en détacher? Il se trouve que j'ai récemment relu un livre et visionné de nouveau un film dont la source commune s'appelle Thomas Mann. Je veux parler de "la montagne magique" et de "la mort à Venise". Le second porté à l'écran par un maître dans son art : Luchino Visconti.
Et pourtant quel est le fondement commun à ces deux oeuvres? la mort
La mort enveloppante, douce mais toujours présente dans ce sanatorium de la montagne suisse, tellement douce et lente que ceux qui la quittent semblent précipiter l'inéluctable.
La mort douloureuse dont on ne sait pas si elle vient de l'impossibilité d'établir un contact avec l'être aimé ou de l'épidémie de choléra qui règne à Venise, l'une n'excluant d'ailleurs pas l'autre.
Nous vivons le cheminement vénéneux de Hans Castorp pris dans le cocon de cette vie de malade hors du temps de la même façon que nous endossons la détresse du professeur Aschenbach qui guette le jeune Tadzio dans le monde clos qu'est Venise, dans ses ruelles et dans cet hôtel qui semble par sa faune n'avoir pas plus de réalité qu'une scène de théâtre.
La fin des deux oeuvres est similaire dans sa brutalité, Hans ne sortira probablement pas vivant de la charge furieuse qui ouvre la guerre de 14, et Aschenbach s'éteint dans un fauteuil face à la lagune en regardant Tadzio tandis que résonne la musique de Mahler.
Quelle est donc cette magie qui fait revoir le film et rouvrir le livre une fois achevées les deux histoires?
Bien sur il y a la langue, bien sur Dirk Bogarde est magnifique mais ça ne suffit pas........
Le signe du génie est qu'il peut se commenter mais ne s'explique pas. Lorsqu'on a la chance de le rencontrer il faut prendre ce qu'il nous donne, avant tout le plaisir.


(P.A.Renoir "la lecture")

Allez courage, demain il fera jour








       

dimanche 13 janvier 2013

la star et l'artisan

Tout le monde connaît la colline bourguignonne de Vezelay, coiffée depuis le moyen-âge d'une basilique monumentale, qui fut une étape obligée des chemins de St Jacques de Compostelle. Haut-lieu de pèlerinage depuis qu'au IXe siècle les moines acquirent les reliques de Marie Madeleine, l'endroit fut aussi le lieu du prêche par Bernard de Clairvaux de la 2e croisade(ah Aliénor d'Aquitaine....) et le départ de la 3e croisade. Souvenez vous......Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste s'y retrouvent en 1190 pour porter les couleurs de la chrétienté jusqu'à Jérusalem. Bref le lieu mérite qu'on s'y arrête, qu'on s'y repose un moment avant d'entrer dans la nef majestueuse.
                                                                       

Ce lieu à l'écart des routes est propice à la méditation, au retrait du monde et il serait dommage, après avoir  au prix d'un effort certain, quitté l'autoroute (oui c'est dur en plein élan) puis gravi la colline, de s'en tenir à la seule architecture. Maurice Clavel, Romain Rolland, Jules Roy et Georges Bataille ont cru bon de s'y retirer, et d'y mourir ce qui pour un village de 460 habitants montre à quel point on y trouve la paix (enfin entre deux croisades).
                                                     
Mais surtout il ne faut pas quitter Vezelay sans un détour par le pied de la colline magique. Derrière la star qu'est la basilique de Vezelay, se cache modestement, à 2km dans le village de St Père une autre église dont la façade offre un florilège de sculptures "sacrées" je vous en livre ci dessous quelques exemples.



Alors c'est vrai la star fait beaucoup plus d'entrées que sa petite voisine mais pour autant ne muselons pas l'honnête et courageux artisan

Allez courage! demain il fera jour

(photos KH)

mercredi 9 janvier 2013

Les copains d'abord

Il existe aux limites de Paris près de la porte de Vanves un petit parc que peu de parisiens connaissent, à l'exception de quelques bibliophiles. En effet tous les samedis et dimanches de l'année la halle contiguë au parc accueille une soixantaine de bouquinistes. Et pourtant il suffit de passer le pont.

Dans ce quartier, entre la rue Didot et la rue de Vanves, le premier samedi de l'année n'est pas propice aux rencontres, pas de rose, de bouteille ou de poignée de mains, pas de croquants non plus, ni de passantes qu'elles soient religieuse, traîtresse ou putain repentie.
A l'intérieur devant un bassin à sec subsiste l'ancienne criée des abattoirs, mais les amoureux ont déserté les bancs publics et Cupidon s'en fout. Seuls quelques oiseaux de passage fréquentent encore l'endroit.

Les enfants sont restés au chaud, les châteaux de sable attendent le printemps et guignol a fermé son rideau.
Au bout de l'allée, le petit âne gris attend, histoire de voir s'il existe encore des bergères.

 Il n'y a rien à jeter dans le temps passé à l'ombre du grand homme






Si l'on a pas besoin de la lune, un peu de soleil serait bienvenu, mais enfin, le temps ne fait rien à l'affaire, à défaut de princesse j'ai salué le croque-notes et évoqué les amours d'antan

(photos KH)

Allez courage! demain il fera jour

PS: 18 titres de Georges Brassens ont pris place ci-dessus, A vous de jouer

vendredi 4 janvier 2013

petit voyage dans le temps

Paris, 2e arrondissement, la rue Vivienne, étroite, assombrie par un ciel plombé, la galerie du même nom s'ouvre entre deux maisons. La clarté intérieure attire l'oeil puis le pas du voyageur.



Sitôt le porche franchi on change d'époque et de climat. Sous la haute verrière domine une lumière jaune accentuée par les guirlandes qui ornent les boiseries des magasins. L'heure est matinale et les vitrines semblent endormies dans une autre époque. 2013 semble loin, on s'attend à chaque instant à croiser un homme en frac et haute-forme, une femme en crinoline.
Au milieu de la galerie, une librairie ancienne marque l'angle de la galerie qui s'articule autour d'elle.
Le carrelage ajoute encore au dépaysement  mais déjà au bout de l'allée se profile la sortie et le retour au monde .....rue de la banque : il pleut

Allez courage! demain il fera jour